Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a publié son avis n°152 concernant le don d’organes, les greffes et les xénogreffes, quinze ans après son précédent avis sur le sujet.
Cet avis est publié dans un contexte où les besoins de transplantations ne cessent d’augmenter et les inégalités persistes en matière d’accès aux greffes.
Entre 2017 et 2026, le nombre de patients inscrits sur la liste nationale d’attente a augmenté de 50%, tandis que le nombre de patients décédés étant inscrits sur cette liste a progressé de 64% entre 2017 et 2025.
Pour le CCNE, ce sujet représente un enjeu éthique majeur.
Il est alors nécessaire de mettre en place des moyen et une organisation adaptée aux besoins des patients afin de permettre l’effectivité du modèle français qui repose sur le consentement présumé, la gratuité et la solidarité.
Pour ce faire, l’avis formule sept propositions en matière de dons d’organes et allogreffes, puis trois propositions pour les xénogreffes.
Concernant les dons d’organes et allogreffes :
- Faire de la prévention des pathologies conduisant à la greffe une priorité de santé publique
- Consolider la confiance dans le système de don d’organes par l’information, la transparence et le dialogue
- Reconnaître pleinement la dimension humaine et collective du don d’organes
- Utiliser tous les leviers nécessaires pour traduire la priorité nationale du prélèvement et de la greffe
- Renforcer l’équité d’accès à la transplantation sur l’ensemble du territoire
- Développer la greffe rénale de donneur vivant dans un cadre de protection renforcée et de reconnaissance
- Renforcer la recherche sur le prélèvement et la greffe
Concernant les xénogreffes :
- Inscrire le développement éventuel des xénogreffes dans un débat public transparent et démocratique
- Garantir un encadrement éthique, scientifique et sanitaire particulièrement exigeant au niveau européen
- Définir une stratégie nationale de recherche et de souveraineté en matière de xénogreffe
Le CCNE indique également que dans le cas où un décès se présente, il est nécessaire d’examiner la possibilité d’un don d’organe.
Enfin, l’avis considère qu’il est pertinent de faire avancer la recherche en matière de xénogreffe, notamment à partir d’organes de porcs génétiquement modifiés. Toutefois, ces recherchent doivent être réalisées au regard du rapport bénéfices/risques, du consentement des patients, des risques infectieux, le bien-être animal et en complément du don d’organes humains.